En Europe on va à la montagne. Où que l’on soit au Kirghizistan, on est en montagne et l’on part à la rencontre de montagnards. Invitation à venir découvrir en ma compagnie les joyaux de ce pays insolite: éventail de possibilités, à façonner à votre guise.

90% du pays se situent à plus de 1500 mètres, sur une superficie cinq à six fois supérieure à celle des Alpes Suisses. Après de longues journées de marche, alors que l’on se croit dans un isolement absolu, surgit de nulle part un berger sur sa monture, accompagnant un troupeau de plusieurs centaines de moutons. Vaste et fascinant pays que je parcours depuis deux ans. Je suis donc en mesure de concocter un programme dévoilant ce pays insolite, sa culture nomade et ses habitants chaleureux.

La randonnée kirghize

Randonnée à pieds ou à cheval: une garantie de solitude et de tranquillité

Visant telle protubérance que l’on souhaite être un sommet, après des heures de marche on arrive…nulle part! Une autre protubérance prolonge l’arête sur laquelle on évolue, puis un sommet et encore un autre sommet. On s’égare facilement dans ce relief où rien ne ressemble plus à un col qu’une autre dépression. Alors que vous êtes en pleine interrogation, surgit de nulle part un berger sur son cheval. Après s’être enquis de votre nom, âge, pays d’origine, travail, salaire et du prix de la montre que vous portez au poignet – au Kirghizistan on ne se contente guère d’un seul « bonjour, ça va? » – il vous accompagne volontiers jusque au passage convoité, non sans vous avoir demandé du haut de sa monture pourquoi vous cheminez à pied. Et notre cavalier de se perdre à nouveau dans le décor. Au Kirghizistan, rares en effet sont les randonneurs à pieds qui soient kirghizes. Une garantie de tranquillité sur les chemins. Distances et état des routes obligent, faire de la randonnée dans ce pays n’a pas son pareil dans nos alpes. À de très rares exceptions près, pas de gîtes ni de cabanes. Si on a l’ambition d’un haut sommet, le bivouac et le gros sac s’imposent, ou alors la nuit chez l’habitant.

Le sens de l’accueil

Les Kirghizes, à l’exemple de Maeder, vous accueillent volontiers sur leur propre Jailoo

Les Kirghizes ont le sens inné de l’accueil. Vous leur faites un honneur que d’accepter leur invitation à séjourner chez eux, sous la yourte si vous êtes sur l’alpage ou dans leur maison familiale au village…une fois les troubles liés au covid apaisés. Si vous passez près d’une yourte, ne serait-ce que pour vous enquérir du chemin, il vous incombe de faire honneur à votre hôte en y entrant – déchaussé – au moins pour y boire un bol de Kummis, le lait de jument fermenté qu’en été on conserve en permanence dans une panse de brebis. La table est un lieu de socialisation incontournable. À condition de pouvoir converser! Dans la campagne, les kirghizes ne parlent que le Kirghize, langue turcophone et gutturale, le russe pour les personnes plus âgées. D’où l’importance de se faire accompagner par un guide-interprète. Plus de détails sur mon blog: https://mavieaukirghizistan.com/2019/09/23/hospitalite-en-terre-kirghize/

Un tourisme sportif mais aussi culturel

Au Kirghizistan le tourisme intéressant se veut sportif d’une part, composé de trecks à dos de cheval ou à pieds, de nuits sous yourte ou sous tente pour découvrir les lacs d’Issyk Köl, de Song Köl, de Köl Cyy ou d’Ala Köl, les site géologiques incroyablement colorés des canyons de Fairy Tale, de Mars ou de Konortchok ainsi que les sources d’eau thermales d’Altyn Arashan. Pour n’en citer que quelques uns…Et si vous disposez de temps au printemps ou à l’automne, une transhumance en compagnie de bergers avec leur troupeau de moutons, de vaches et de chevaux peut transformer votre séjour en une expérience authentique, en immersion dans la culture des nomades kirghizes. (Blog: https://mavieaukirghizistan.com/2019/10/21/en-transhumance/.) Mais toute visite exhaustive se doit d’aborder la culture de ces peuples jadis nomades, aujourd’hui transhumants: visites au caravansérail de Tash Rabat, haut lieu de l’historique route de la Soie, aux sites historiques de la Tour de Burana ou de Manas Ordo – le mausolée consacré à Manas, le maître spirituel de la nation kirghize – ou les milliers de pétroglyphes de Saimaluu Tash – une découverte hautement recommandable, haut lieu de l’histoire d’Asie centrale. La capitale Bishkek recèle des joyaux de l’ancienne architecture soviétique et à une heure de route le parc national d’Ala Archa dissimule d’énormes troupeaux de bouquetins, les vols sauvages de condors ou de gypaètes et, encore plus discrète, l’élusive panthère des neiges. Sans oublier les visites aux coopératives d’artisanat local, fabrication de tapis de feutre de Koshkor, mines plus ou moins discrètes ou chasse à l’aigle sur la rive Sud d’Issyk Köl.

Suit le bref descriptif de quelques hauts lieux kirghizes, en partie décrits plus en détails dans divers posts de ce blog. Tout voyage dans ce pays insolite s’assemble en un patchwork qui dépend du temps disponible, compte tenu des grandes distances à parcourir. Une certaine retenue s’impose toutefois: il n’existe aucun secours organisé au Kirghizistan, surtout pas héliporté. Il convient dans ce pays de garder une marge de sécurité suffisante dans le choix de ses projets, en fonction de ses compétences. Je me ferais un plaisir de vous proposer un programme sûr et alléchant, en fonction de vos goûts et de vos disponibilités. N’hésitez pas à me contacter à l’adresse-mail frperraudin@netplus.ch

Le lac d’Ysyk-Köl

Le plus grand lac intérieur d’Asie centrale après la mer asséchée d’Aral, se trouve à 1600 m; il ne gèle jamais. Sur sa rive Sud, dans les canyons de Mars ou de Fairy Tale, les formations géologique teintées d’oxydes de fer et de souffre offrent un spectacle fascinant. Y seraient à jamais pétrifiées les sept têtes du dragon de Zaska, à la rage duquel on doit la création du lac. ( Blog: https://mavieaukirghizistan.com/2019/09/16/le-dragon-petrifie-de-skazka/). C’est aussi sur ces rives que j’ai pu assister à la fêtée traditionnelle de Nooryz (Blog: https://mavieaukirghizistan.com/2021/04/08/nooruz-le-renouveau-printanier-au-kirghizistan/) ou partir à la chasse à l’aigle avec Aitbek (Blog: https://mavieaukirghizistan.com/2020/02/03/chasse-a-laigle/)

Le trekking de Ala Köl

Situé à 3520m d’altitude, le lac de Ala Köl au coucher du soleil

Au départ de Karakol, situé à l’Est de Ysyk Köl, deux jours de marche avec nuit sous tente permettent d’accéder au magnifique lac d’Ala Köl, petit joyau émeraude au sein de hauts sommets. Ce chemin connu est relativement fréquenté, ce qui au Kirghizistan peut vous faire rencontrer une vingtaine de personnes en pleine saison, au grand maximum! Le troisième jour, le sentier de caillasse du col débouche sur la vallée et les sources thermales de Altyn Arashan. Descendre en taxi de cet alpage est un vrai parcours du combattant.

La descente de la vallée de Altyn Arashan en taxi a de quoi vous remuer!

Le lac Song Köl

Les familles des vallées voisines montent y passer tous les beaux mois de l’année avec leur bétail, malgré l’altitude du lac de 3016 mètres. Il vaut la peine de séjourner quelques jours dans un de ces camps de yourtes pour s’initier à la vie des nomades lorsque ils sont au Jailoo, à leur manière de faire le Kummis, d’apprêter les poissons du lac ou de préparer le succulent « plov » à base de riz et de viande d’agneau. (Blog: https://mavieaukirghizistan.com/2019/09/06/lalpage-sur-les-rives-du-lac-bleu/)

Les pétroglyphes de Saimaluu Tash

Des milliers de pétroglyphes illustrent des scènes de chasse et de pâture vieilles de plusieurs millénaires

Véritable joyau de la culture d’Asie centrale, les milliers de pétroglyphes que dévoilent les pierriers de basalte de Saimaluu Tash valent de loin le déplacement de Kazarman. Une route pittoresque vous y conduit au travers de formations géologiques impressionnantes qui bordent la rivière Naryn. Sur place, après trois heures de marche, les multiples faces sombres des pierriers dévoilent d’innombrables scènes de la vie de tous les jours. Des scènes, pour certaines, gravées il y a quatre mille ans! Des représentations de la vie agreste, de chasse et de partage social. D’innombrables gravures préhistoriques, moyens d’expression de jadis, qui font de ce vallon un site qui mérite l’attention des spécialistes du monde entier.

Le lac de Köl Cyy

À deux jours de route de la capitale, pas loin de la frontière chinoise, un énorme éboulement a obstrué cette vallée étroite, créant un lac de 12 kilomètres de long

Il faut un permis spécial auprès des autorités kirghizes pour pouvoir se rendre à Köl Cyy par une route escarpée. Pas loin de là, le berger Meder Tolokov accueille les visiteurs dans ses yourtes. Avec ses moutons, ses yacks et ses chevaux, comme quelques autres familles, il y réside même au coeur de l’hiver. Le climat particulièrement sec n’amène que peu de neige, uniquement du froid, si bien que les bêtes y trouvent encore maigre pitance.( Blog: https://mavieaukirghizistan.com/2019/10/15/meder-tolokov-le-berger/)

Le parc de Ala Archa

À une heure de route de la capitale Bishkek, les cimes enneigées proches des
cinq mille mètres attirent du monde

Dans les versants ombragés, les citadins apprécient une brève marche et l’inévitable pic-nique dans une des rares forêts de la contrée. À une petite heure de marche, sur le sentier de Adygene, on trouve le cimetière des alpinistes sous un couvert de résineux; différent des autres monuments funéraires kirghizes, il rend hommage aux alpinistes du pays. Mais Ala Archa réserve de belles surprises faunistiques aux marcheurs attentifs. (Blog: https://mavieaukirghizistan.com/2019/08/12/a-labri-de-letoile-du-nord/)

Randonner à skis au Kirghizistan

Longue montée au-dessus de la vallée de Naryn

Faire du ski dans le pays, à part dans quelque petite station aux pistes faciles, c’est inévitablement chausser ses peaux de phoque et faire confiance à son instinct pour choisir les pentes appropriées. Méfiez-vous des distances car les neiges et le danger d’avalanche n’y sont pas comme chez nous. Le climat continental, sec et froid en hiver, ne fait guère évoluer les rares chutes de neige qui ne se transforment guère. Des skis larges aident à évoluer dans un manteau souvent sans fond: il convient d’y faire sa trace.
De décembre à février, à vous la belle poudreuse, et vraisemblablement à personne d’autre car on ne croise pas grand monde l’hiver dans les montagnes. Les possibilités sont innombrables dans la région de Karakol, de Jyrgalan ou de Suusamyr. Quelques vidéos sont accessibles sur mon blog: https://mavieaukirghizistan.com/2019/12/11/debut-de-saison/ ou https://mavieaukirghizistan.com/2020/02/19/ski-de-rando-au-kirghizistan/
Dès la fin juin, un des plus hauts sommets devient accessible aux expéditions, dans la chaîne du Tien Shan, au sud du pays. Le Pics Lénine et ses 7134 mètres peut notamment se faire à skis, dans le cadre d’expéditions bien organisées, avec camps d’altitude.

Ski de randonnée à Jyrgalan

À deux heures de route de la ville de Karakol, à l’extrémité est du lac Isyk Köl, le petit village de Jyrgalan bénéficie de conditions hivernales favorables à la pratique du ski de randonnée. Deux vallées s’y rencontrent, chacune offrant ses itinéraires. Réunis en coopérative, les habitants conscients du potentiel touristique ont équipé plusieurs Guest Houses à l’accueil chaleureux.

Rigueur hivernale à Suusamyr

Directement accessible depuis le col de Too Ashuu (3400m), la rive gauche de la vaste plaine de Suusamyr offre des conditions de ski optimales par grands froids

Une inversion de température caractéristique fait baisser le thermomètre à -35° en hiver dans cette haute vallée, alors que cinq cents mètres plus haut règne un agréable -10°. Les pentes sud ensoleillées ou parcourues par les vents ont la particularité, au Kirghizistan, d’offrir des neiges transformées, ce qui favorisent de belles conditions de ski, à condition d’être dûment équipé contre le froid!

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1 commentaire

  1. Salut François,

    Bravo pour le bel article dans le Nouvelliste et heureux de te savoir chez nous pour quelques jours.

    Amitiés

    Benjamin

    >

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