À quelques reprises la neige a blanchi les sommets, mais pas en suffisance pour chausser ses skis. Début décembre, il a fallu partir vers l’Est, vers Karakol et Jyrgalan, pour trouver une belle couche de poudreuse. Premier essai à proximité de la station de Caprice, mais on y sent le sol à chaque planter de bâton. Le petit village de Ichke-Jergez nous accueille pour la nuit, parmi les vaches et les chevaux qui trouvent encore maigre pitance à proximité des habitations. Départ pour les hauts de bonne heure le lendemain, parmi de nombreuses traces de bétail qui courent la steppe recouverte de 15 centimètres de neige. Inutile de chercher un itinéraire précis sur la carte topographique au 1:100’000; il faut ici faire confiance à son sens du terrain, se laisser parfois guider par ce dernier, puis par une piste de débardage de bois qui nous conduit sur une crête forestière. Les paysans sont montés jusqu’en lisière de forêt avec leur chevaux pour rapatrier les gros troncs qu’à l’automne ils ont coupés. Ici les arbres couvrent de vastes surfaces et les fermes se chauffent au bois. Un bon baril de une à deux tonnes permet de passer l’hiver au chaud, nous confirme le sympathique paysan qui nous invite à partager le thé dans sa demeure à la température plus qu’agréable. Mais quel labeur auparavant pour arracher à la montagne ces mastodontes avec la seule aide de son cheval! Celui-ci doit être dûment ferré, pour tracter de tels poids sur la glace et la neige qui offrent une surface de glissement idéale.

Après une longue montée sur le village de Ichke Jergez, les neiges deviennent immaculées.

Bientôt les neiges sont immaculées, sans aucune trace, même pas de renard ou de lièvre. Nous voici seuls en montagne, plus seuls que d’habitude car les bergers ont quitté la steppe. Plaisirs de la randonnée aux confins du pays, dans un décor toujours plus hivernal, que quelques coulées ont strié lors de la toute première chute de neige tombée sur un sol uniformément et profondément gelé. Descente agréable dans une couche suffisante pour se laisser aller sans aucune crainte du sous-bassement.

Sensations hivernales retrouvées, magnifiées même dans ce pays vaste et encore plus sauvage lorsque recouvert d’une neige qui reste longtemps fraîche grâce au froid persistant. Le troisième jour nous voit arpenter les pentes de Jyrgalan, haut lieu de la randonnée hivernale, non loin de la frontière avec le Kazakhstan, mais pas encore dans le massif de Muz-Too, à l’extrême Est du pays, où se trouvent les plus hauts sommets du pays, le Khan Tengri, 6995 m et le Pobeda 7439 m. Jusqu’ici nos sorties se sont limitées à des sommets de 3’400m d’altitude. Tout là-haut, c’est une autre histoire…

3000 mètres, avec vue sur la plaine de Ichke.Jergez
Longue montée au-dessus du village de Ichke-Jergez

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